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vendredi 6 décembre 2013

Michel Zimbacca, Le Spermatozoïde élu





De L’Annonce faite à Delphine au Spermatozoïde élu

Vacances italiennes d’Anny Bonnin, Marie-Dominique Massoni et Michel Zimbacca. Face au foisonnement d’archanges visitant la Vierge, les deux premières endossent l’une le rôle de la Vierge, l’autre celui de Gabriel, s’ingéniant à « doubler » les images de la toile afin de les rejouer le soir au retour des musées.

Un jour, à la pinacothèque de Volterra, l’image du dieu entouré de ses séraphins, comme d’une bulle de spermatozoïdes, prêts à être lancés, avive encore la jubilation des dames et les jeux de transparence spiralée en rajoutent à leurs roucoulements. Marie-Dominique Massoni s’exclame alors : « Et qui va être le spermatozoïde élu ? ». C’est alors que Michel Zimbacca (déjà surnommé Zimbacchus) entre dans la salle, et la questionneuse de s’exclamer : « Et voilà le spermatozoïde élu ! ». Dès lors notre ami répondra au doux surnom de « Zimbacchus, le spermatozoïde élu ». 

Au retour, comme de coutume, mimodrames d’annonciation, mais ce soir là, élément essentiel : la pipe de Zimbacca figure le spermatozoïde élu. Delphine (Anny Bonnin), toujours dans le rôle de la vierge.

Le jeu se poursuit en Italie, notamment à Bologne sous les auspices de Chirico.

L’Annonce faite à Delphine, réalisée par Marie-Dominique Massoni et offerte à Michel Zimbacca, fait écho à cette aventure de métaphysique critique. 

Le jeu  se poursuit de loin en loin, ainsi quand une rue, la nuit, propose une banquette dressée en confessionnal à ciel ouvert. Mais Zimbacchus reste “le spermatozoïde élu” quand il est annoncé en divers lieux.

Janvier 2000 : triant d’anciens textes, Michel Zimbacca découvre un scénario écrit dans les années cinquante, où il est question de “spermatozoïde élu”  et, afin de l’offrir à celle qui sut lui trouver son nom caché, le dote d’un écrin. 


Source: http://ed.surrealistes.free.fr/Expos/Eveil_Paradoxal/Spermatozoide/spermatozoide.html



jeudi 20 juin 2013

Michel Zimbacca, Tasse-pipe





Non comme oui

Non rien n'est pour le soleil
Comme l'ombre fervente à tes pas qui s'éperd
Sous le tir lumineux
Mire sur l'identité
Balles à l'échec
Qui s'entraîne à nier l'attraction à l'instant où les bétons se bandent
Où toute connaissance échappe aux membres fuyants des famines
Où l'étale étreinte du sol religieux
Boit
La violente douceur de ta distraction
Il faut le sang vécu dans toute sa nuit
Pour que murmure ma joie lointaine
Sirène
Si j'ai sirène si rêve éveille
À moi ton ombre
Réel urgent
Je suis la transfusion du sommeil
Murmures sources souffles silence
Le coeur n'oblige que tous les chants éteints
Souffrira-t-il le songe difficile la longue et pourpre réunion
De tes quatorze départs noirs 
Souffriras-tu la perte de l'unique arme blanche

À reconstruire l'homme désarmé que je me suis voulu toujours
T'éprendras-tu du vieux mythe solaire qui tel me tient
Au guet du désir naissant
Pour préserver tous germes
Des infécondités de notre possessif
Passez passifs
Élevez-vous toutes puissances à la passion actionnante

Oui j'aime je suis donc sans moi
Mais les quatorze parts au futur des friches
Ce furent douleurs pour mes deux belles possédées
Nulle part n'en tint la quête
Nul n'en assigna l'amour
Et la lune sans partage me rend les blessures et les cris
Que ma salive endort sur la couche aveuglée

Mais toi
Le mort obstacle t'a parlé
D'actes enfin rendus à ce qu'ont fait les mots
Loin au-devant de la parole
À ce qu'on décimé toutes larmes
Au grand recours qu'aujourd'hui seuls détiennent ceux qu'arment l'amour
Toi-même
Trouvée de ce qu'il fut pour une ombre plus belle
Convenu de perdre
Soeur inventée de ma destruction
Telle qu'à l'instant tout élan s'y relie

Isis
Sysiphe découvrent la part blanche
Sous l'ultime poitrine
Donnent ce qui sera
Et ne sera jamais assez.



(Michel Zimbacca, dans Le centaure inoxydable, 1994)