jeudi 29 août 2013

le groupe surréaliste de Stockholm






Le groupe surréaliste de Stockholm, dans une fissure de micaschiste à Jamtland, été 1986.

mardi 20 août 2013

Jimmy Gladiator

7

Le spectre des mots quotidiens drapés d'un feu. Que penses-tu de moi? Je sens la cigarette. Je t'aime. Rien n'est clair en moi. Quel est ton but? Rejoins-moi. Il ne faut pas que cela change. Oublie-moi. Je t'adore. Il y a un océan entre nous. Garde-moi. Tu m'énerves. Pas quinze jours! Je n'aurais pas dû. J'ai bien fait. Je ne regrette pas. Je n'ose pas. Je veux regarder. Je suis ta femme. Je vais être jalouse. Tu es beau. La vie n'est pas juste. Ne me laisse pas repartir. Je t'ai vu draguer. J'ai envie de toi. Il faut être prudent. Tu es dangereux. Je viens. Fais ce que tu veux. Oui, c'est une légende. Je t'en prie. Mon amour, mon amant. Même à des kilomètres ton image ne me quitte pas. Même dans une foule aussi bruyante je me sens seule sans toi. Laisse-moi gagner. Ne me demande rien. J'ai le cœur qui cogne. Tu rêves trop. Je t'aime trop. Ta respiration, tes soupirs. Je n'ai jamais fait comme cela. Attends-moi. C'est vers toi que j'irai. Je ne veux pas te déranger. Je veux dormir avec toi. À très bientôt. Je n'avance plus. Je ne fais plus de pas. Tu demandes trop! Un jour, un jour...Le spectre d'un feu lové au quotidien dans les mots.

Jimmy Gladiator, extrait de Canada Soda.


lundi 19 août 2013

revue Supérieur Inconnu




Les Animaux malades de la "Tempeste". Photographie de Jean-Dominique Rey, en couverture du dix-huitième numéro de la revue Supérieur Inconnu.

dimanche 18 août 2013

Angye Gaona




« L'émerveillement enveloppe ma vie. »
- Angye Gaona 

(Extrait d’une interview d'Angye Gaona par Cristina Castello, parue dans le n°5 de la revue de poésie La Voix des Autres, en mars 2012. Traduction du castillan par Denise Peyroche.
source: http://www.francopolis.net/francosemailles/GaonaAngye-mai2013.html)

vendredi 16 août 2013

Kenneth White et la géopoétique


LE GRAND CHAMP DE LA GÉOPOÉTIQUE

Une théorie ? Oui. N’ayons pas peur de ce mot, qui a été écarté ces derniers temps pour laisser place à un fourmillement de bidules et de bricolages. Sans théorie, on tourne en rond, on entasse des commentaires et des opinions, on s’enferme dans l’imaginaire et le fantasme, on se perd dans le spectaculaire, on se noie dans le détail, on étouffe dans un quotidien de plus en plus opaque. Mais toute théorie valable se doit d’être basée sur une pensée fondamentale, d’être liée à une pratique solide et de rester ouverte.

À travers les siècles et les millénaires, la culture (ce qui permet d’augmenter sa vie et d’affiner son esprit – rien à voir avec le bavardage de salon) a été fondée sur le mythe, la religion, la métaphysique. Aujourd’hui, elle n’est plus fondée sur rien. Elle prolifère, c’est tout, la seule loi étant celle du marché. Tout le monde, enfin, un nombre croissant d’individus, sent qu’il manque une base. Tout retour aux anciens fondements étant naïf, partiel et caricatural, c’est une nouvelle base qu’il nous faut. C’est cette nouvelle base que propose la géopoétique.

Pour qu’il y ait culture au sens profond de ce mot, il faut qu’il y ait consensus dans le groupe social à propos de ce qui est considéré comme essentiel. Dans toute culture fondée et vivifiante, on trouve un foyer central. Tout le monde (à des niveaux de discours différents, certes) s’y réfère – le philosophe dans son cabinet d’étude, le paysan dans son champ. Au Moyen Âge chrétien, c’était la Vierge Marie et le Christ. À l’époque grecque classique, l’agora philosophique et politique. Dans une tribu paléolithique, le rapport à l’animal.

À un moment donné, après de longues années de recherches en histoire et en culture comparée, je me suis demandé s’il existait une chose sur laquelle, au-delà de toutes les différences d’ordre religieux, idéologique, moral et psychologique qui foisonnent et parfois sévissent aujourd’hui, on pouvait – au nord, au sud, à l’est et à l’ouest – être d’accord. J’en suis arrivé à l’idée que c’est la Terre même, cette planète étrange et belle, assez rare apparemment dans l’espace galactique, sur laquelle nous essayons tous, mal la plupart du temps, de vivre.

D’où le « géo » dans ce néologisme.

Quant au mot « poétique », je ne l’utilise pas dans le sens académique de «théorie de la poésie». Il n’est question ici ni de poésie dans le sens traditionnel (poésie pure, poésie personnelle, etc.), encore moins dans le sens dégradé (fantaisies filmiques, lyrisme de la chansonnette, etc.) qui a cours en général. Passons vite sur cette pauvre sociologie, et pensons, par exemple, à l’« intelligence poétique » (nous poetikos) d’Aristote.

Par « poétique », j'entends une dynamique fondamentale de la pensée. C'est ainsi qu'il peut y avoir à mon sens, non seulement une poétique de la littérature, mais une poétique de la philosophie, une poétique des sciences et, éventuellement, pourquoi pas, une poétique de la politique. Le géopoéticien se situe d’emblée dans l’énorme. J'entends cela d'abord dans le sens quantitatif, encyclopédique (je ne suis pas contre le quantitatif, à condition que l'accompagne la force capable de le charrier), ensuite, dans le sens d’exceptionnel, d’é-norme (en-dehors des normes). En véhiculant énormément de matière, de matière terrestre, avec un sens élargi des choses et de l’être, la géopoétique ouvre un espace de culture, de pensée, de vie. En un mot, un monde.

À propos, si je dis « géopoéticien » (sur le modèle de logicien, mathématicien), et non pas « géopoète », c’est pour ne pas cantonner la géopoétique, comme on pourrait le penser, dans une vague expression lyrique de la géographie. La géopoétique, basée sur la trilogie eros, logos et cosmos, crée une cohérence générale – c’est cela que j’appelle «un monde».

Un monde, bien compris, émerge du contact entre l’esprit et la Terre. Quand le contact est sensible, intelligent, subtil, on a un monde au sens plein de ce mot, quand le contact est stupide et brutal, on n’a plus de monde, plus de culture, seulement, et de plus en plus, une accumulation d’immonde.

Tout a commencé pour moi dans un territoire de vingt kilomètres carrés sur la côte ouest de l’Écosse, et dans un rapport direct avec les choses de la nature. On me dira peut-être que tout le monde n’a pas accès à un contexte naturel. J’en suis bien conscient. Mais c’est la reconnaissance de l’importance d’un tel contexte qui peut servir de point de départ à une prise de conscience radicale, donc à une politique, à une éducation différentes. Et même dans les contextes urbains les plus défavorisés, il y a toujours des signes, des traces, que l’on peut repérer, auxquels on peut être sensible une fois que l’esprit a été éveillé et orienté.

Afin de renouveler et d’étendre mon expérience initiale radicale, j’ai traversé divers territoires, toujours dans le but d’amplifier mon sens et ma connaissance des choses. Et je continue à le faire, car il ne faut jamais perdre le contact entre l’idée et la sensation, la pensée et l’émotion.

C’est en 1979, en voyageant, pérégrinant, déambulant (j’emploie tous ces verbes, toutes ces méthodes, selon les occasions et les contextes) le long de la côte nord du Saint-Laurent, en route vers le Labrador, que l’idée de la géopoétique a pris forme. J’ai relaté ce voyage, j’ai essayé de dire toute l’ampleur de la sensation, de l’idée, dans le livre La Route bleue.

D’autres livres ont suivi, qui non seulement illustrent le propos, mais avancent de nouvelles propositions.

C’est dans Le Plateau de l’Albatros que j’ai dressé, aux points de vue philosophique, scientifique et poétique, la cartographie la plus complète de ce concept de géopoétique que je voyais émerger de plus en plus distinctement dans mon travail et dont je sentais de plus en plus la nécessité dans notre contexte général. La géopoétique est en effet une théorie-pratique qui peut donner un fondement et des perspectives à toutes sortes de pratiques (scientifiques, artistiques, etc.) qui tentent de sortir aujourd'hui de disciplines trop étroites, mais qui n’ont pas encore trouvé une assise et donc une dynamique durable.

À ces approches scientifique, philosophique et poétique, j’ai ajouté des portraits existentiels et intellectuels de proto-géopoéticiens tels que Humboldt, Thoreau ou Segalen, d’abord pour insister sur le fait que la pensée ne se sépare pas de la vie vécue, que la théorie s’enracine dans le réel, mais aussi pour montrer que l’idée géopoétique a été latente chez plusieurs individus à travers l’espace et le temps. Une idée sans prédécesseurs n’est qu’une fantaisie. De l’œuvre de ces prédécesseurs, je fais des lectures érosives, dynamisantes. Il ne s’agit pas seulement d’érudition et d’histoire, il s’agit de tracer une géographie de l’esprit.

C’est pour garder à l’idée géopoétique toute sa précision et toutes ses perspectives que j’ai décidé de fonder, en 1989, l’Institut international de géopoétique.

Quelques années plus tard, j’ai lancé le projet organisationnel d’un « archipel » d’ateliers à travers le monde, qui appliquerait l’idée géopoétique à divers contextes locaux.

L’idée géopoétique avance et se déploie, les ateliers travaillent de diverses façons, l’Institut maintient le cap et garde ouvertes les perspectives.

Kenneth White

*

(Le livre de Kenneth White, intitulé La danse du chamane sur le glacier : aux sources d'un art à la hauteur de la terre et à la mesure du monde, a été illustré par le peintre surréaliste Jorge Camacho.)

dimanche 11 août 2013

Kait Rhoads, Selkie's skin







Kait Rhoads a participé à l'exposition Surealism in 2012: towards the rise o the fifth sun.

vendredi 9 août 2013

Michèle Bachelet

UN DÉRISOIRE ESPACEMENT

Fort d'être clos le labyrinthe appelle
Où courent déjà ceux du début vers les cercles
Nous jetâmes notre sac
Hors du bois l'oubli des chasses
Le prisme s'achève rigoureux
Oiseaux rieurs
Voici rompues les rives bredouilles
L'eau blanche respire
Libre dans son lit
Silex que l'eau forte.


                                              Michèle Bachelet

« En dehors des enlacements matérialisés au sol? »




Une photographie de Laurent Albarracin, publiée dans le cinquième numéro de la revue Recoins.

jeudi 8 août 2013

la revue Empreintes



La galerie d'art L'Usine a exposé les oeuvres de Guy Girard, Bruno Montpied et Peter Wood. Elle édite la revue trimestrielle Empreintes, qui publie notamment des textes de Joel Gayraud et Jean-Pierre le Goff.

mercredi 7 août 2013

Cahiers de l'umbo








Photographie de Nicole Espagnol.

Les Cahiers de l'Umbo sont animés par Jean-Pierre Paraggio.

Nicole Espagnol




 Robert Lagarde, Nicole Espagnol cueillant un chocard à bec jaune, Suisse, août 1969.
source: http://isabelledalbe.blogspot.ca/2011_07_01_archive.html

mardi 6 août 2013

Barthélémy Schwartz




Barthélémy Schwartz. Le rêveur captif. Éditions L'Apocalpypse, 2012. Avec une préface de Jean-Christophe Menu.


« Le Rêveur captif est un livre particulier réalisé par un auteur au parcours atypique. Principal animateur de la revue Dorénavant entre 1985 et 1990, Barthélémy Schwartz y inventait une nouvelle forme d’(ultra) critique, fustigeant l’idéologie bédé et le storyboard de la production BD dominante, au profit de recherches sur une bande dessinée poétique qui exprimerait plutôt qu’elle ne raconterait. Après avoir délaissé la bande dessinée pendant 16 ans, il renoue avec ce langage à l’occasion d’un dialogue avec JC Menu dans L’Eprouvette, Schwartz propose avec Le Rêveur Captif une “cartographie” des rêves obsessionnels de sa jeunesse, et panorama de souvenirs et de réflexions sur la bande dessinée. Fidèle à ses références d’avant-garde, notamment surréalistes et situationnistes, et grâce à une technique mixte mêlant dessin, photographie et effets graphiques, Barthélémy Schwartz nous livre une expérimentation des plus fructueuses sur le langage du 9e Art et sur son apport atypique : “Je passais pour un martien dans le monde sage et policé de la bande dessinée”. Gageons que ce soit toujours le cas. »


http://barthelemybs.wordpress.com/

samedi 3 août 2013

Jean-Pierre le Goff



I
ALLER À THOIRES (CÔTES D'OR)
L'esprit dans lequel j'avais conçu La sculpture aléatoire m'enjoignait, après sa réalisation à Genève, d'aller à Thoires. Mais que pouvais-je bien aller faire à Thoires? Je ne le sus pas sur le moment. Il m'apparut plus tard que c'était un excellent lieu pour fêter un anniversaire.

Quel anniversaire? Je ne le déterminai pas immédiatement. Puis, un jour il me prit de savoir combien de jours j'avais vécus depuis que je suis venu au monde. Je tombai sur un nombre peu éloigné de 21600. Remarquant que j'allais atteindre ce chiffrage qui m'importe, je pensais que ce jour méritait d'être fêté.

Je n'eus même pas à chercher comment le fêter puisque la réponse me parvint providentiellement dans les instants qui suivirent.

Très content d'avoir trouvé que j'approchais de mon 21600e jour, dans une appoggiature enthousiaste et comme parfois à la fin d'un morceau le chef d'orchestre ne contrôle plus sa baguette, je tapotai sur ma calculatrice quelques chiffres inconsidérés, que je multipliai par le nombre qui y était en mémoire et qui n'était autre que 216. Comme par un coup de baguette magique sortit le nombre 200016. Il me fallut quelques secondes pour que je comprenne que ma manipulation incontrôlée avait produit quelque chose de remarquable. J'étais bien incapable de dire quel nombre j'avais tapé, heureusement que je pouvais le retrouver en divisant 20016 par 216; 926 s'afficha sur l'écran. En tâtonnant, je sondais ce nombre par toutes les ouvertures que je pouvais y pratiquer. Voici le raisonnement qui porta ses fruits: si 926 multiplié par 216 produit le chiffrage de 216 accompagné de trois zéros entre le 2 et le 1, il est probable que ce même nombre multiplié par le nombre 926 répété à satiété produise un alignement de chiffres intéressants. Le résultat donnait 200216216216...etc. Mais, je trouvais mieux en multipliant 216 par 925925925....926, car chaque fois que l'on ajoute 925 à la succession, trois zéros s'ajoutent aux autres trois zéros entre 2 et 1. Exemple:

216 x 925925925926 = 200000000000016.

Les zéros s'enfilent imperturbablement d'une manière illimitée.

Il est peu croyable de voir apparaître sur l'écran d'une calculatrice, en une poignée de secondes, le nombre 216 dans lequel sont sertis trois zéros. Cela s'est passé ainsi. Je n'ai pu trouver aucune explication du passage de 216 à 200016 par l'intermédiaire de 926 et 925. Je crois que cette trouvaille peut porter le qualificatif d'aléatoire.

A la suite de la manifestation du nombre 200016, remonta dans ma mémoire le souvenir d'une impression que j'éprouvai sans doute à la période où j'apprenais à compter. Je pense que tout enfant l'a vécue, mais il n'y s'éternise pas, il sait qu'il ne pourra jamais résoudre l'énigme qu'elle présente. Cette impression, ou mieux ce vertige se manifeste lorsqu'on découvre que la succession des nombres n'a pas de fin, que l'esprit est incapable de lui donner une limite. On pourra passer sa vie à les énumérer, on aura à peine entamer leur comptage; on mourra plus près de rien que de la totalité. Je crois que c'est la première approche de l'infini que fait l'enfant et dans lequel il sait déjà que le signet de sa mort y est placé. On ne peut pas se mesurer avec ce qui n'a pas de mesure, aussi l'enfant, quotidiennement, oubliera l'inaccessible, bien que ce fil rouge trame inexorablement sa vie. J'ai retrouvé dans l'élastique illimité des zéros de 200016 le même vertige.

Fêter un anniversaire c'est fêter une perte, celle des jours évanouis. Je fêterai l'anniversaire de mon 21600e jour en soulignant l'insaisissable des jours, qui se reflète dans l'incommensurabilité des nombres, je m'appuierai sur l'exemple de l'exponentialité de 200016 pour l'illustrer.
Je n'ai pas encore dit quel jour sera mon 21600e. Je suis né le 2 août 1942, les calculs sont simples à faire, il suffit de ne pas oublier les années bissextiles. Le 20 septembre 2001 j'aurais 21600 jours.
J'irai ce jour là à Thoires pour prélever du nombre infini 200000000....0000000016 un échantillonnage de 216 zéros. La chose se pratiquera ainsi: dans un endroit du village, je déplierai une table de camping et une chaise de même acabit afin de pouvoir calligraphier sur un rouleau de papier l'opération.

216 X 925925....925926 = 2000000....00000016,
avec tous les chiffres nécessaires à l'apparition des 216 zéros. La longueur du rouleau sera de quatre à cinq mètres, l'opération durera entre une heure et deux heures. Elle pourra faire l'objet d'un constat qui sera établi sur le rouleau par le paraphe des personnes présentes.

Je ne vous ai pas encore précisé où se trouve Thoires. Thoires se situe dans la Côte-d'Or, entre Châtillon-sur-Seine et Montigny-sur-Aube. Le nombre de ses habitants est de 58, dit le Bottin des communes de 1994. Si vous vous voulez être présents, vous serez les bienvenus. Communiquez-moi alors votre intention..

Le débitage des zéros aura une signification similaire que l'enfilage de perles ou le lancer de dés. Ce ne sera peut-être pas la super fête à Thoires, mais il y aura au moins du champagne - les vignobles sont proches -. Il sera considéré comme superfétatoire de vérifier s'il y aura bien 216 bulles par coupe.

II

ALLER À THOUARS

Puisque l'attelage du nombre 925 et le postillon 926 amenaient le carrosse 216 sur la voie de l'infini, il m'appartenait d'ausculter d'un peu plus près les nombres 925 et 926. Voici ce qui se révéla; 

J'ai écrit 925 sous la forme de 900025, c'est-à-dire en glissant trois zéros en son sein, comme si ces trois ovules pouvaient, ainsi qu'il le fut pour 200016, le rendre gros de l'infini. Je l'ai divisé par 925 et j'ai trouvé un nombre rond:
900025 : 925 = 973.

J'ai vérifié si le même processus applicable à 216, pouvait lui aussi propulser 925 vers l'infini. L'opération le confirma:

925 x 972 972 972...972 973 = 9 000 000 000 000 25.

J'avais donc un nouveau couple de nombres: 972 et 973. Il convenait donc de procéder à la même opération:

900 072 : 972 = 926.
Je revenais à mon point de départ et je constatais que coexistaient deux opérations qui donnaient image de l'infini et de plus obéissaient à une construction en miroir.

La rencontre fut suffisante pour me décider à en rendre compte d'une manière qui réfléchirait celle que j'empruntais à Thoires dans la Côte d'Or.
J'irai donc à Thouars dans les Deux-Sèvres. Malheureusement, je ne pourrais pas attendre mon 92 500e jour et encore moins celui de mon 97 200e jour, j'aurais alors plus de 250 ans et tout me dispose à croire que je les atteindrais pas. Afin que le souvenir de mon intervention du 20 septembre 2001 soit encore frais dans les esprits, je pratiquerai celle qui lui fera écho 216 jours plus tard, c'est-à-dire le 24 avril 2002.
De même, je calligraphierai sur un rouleau chacune des deux opérations concomitantes en considérant que, pour conserver une continuité entre les deux illustrations de l'infini, je limiterai le nombre des zéros à 216.
925 x 972 972 ... 972 973 = 9 000 000 ... 000 000 25.

972 x 925 925 ... 925 926 = 9 000 000 ... 000 000 72.
J'ai souhaité réaliser mon défilement de zéros dans un lieu couvert. J'ai recherché l'hôtel des Grands Nombres à Thouars, il n'existait pas. Je me suis alors rabattu sur l'hôtel de la gare, qui est aussi une bonne appellation pour toute destination vers l'infini.

Si vous êtes disposés à voyager, vous pouvez me rejoindre...

Jean-Pierre Le Goff

(Extrait d'Épigraphie immobilière parisienne)
(source: http://remi.schulz.perso.neuf.fr/divers/legoff/aleatoire.htm


Jean-Pierre le Goff, Art portable (?)

Alain-Pierre Pillet

WATT MER 

L'un de ses plus beaux souvenirs d'enfance est le tir arrière d'une godasse entre les cordes de l'escarpolette sur laquelle se balançait une petite fille de son âge. Il avait cru même de dos découvrir l'éternel féminin. C'était sans compter les oscillations du temps et de l'espace, qui firent du supposé passage en plein ciel un arrêt brutal en plein crâne. Les pleurs, l'arrivée des mamans, la dénomination, la réclusion en chambre pour une heure ou deux lui firent prendre conscience que la vie n'était peut-être qu'un violent mouvement de balançoire entre le zénith de l'imaginaire et le nadir de la réalité.

                                                                                                                                Alain-Pierre Pillet




De I986 à 1991, Alain-Pierre Pillet a été délégué helvétique au Congrès ordinaire de banalyse et en 1989-1990, il a fait partie du Comité Psychogéographique de Londres.


La photographie semble avoir été prise en 1985, à l'occasion du Congrès ordinaire de banalyse.

vendredi 2 août 2013

Objets oniriques et objets trouvés (Other air)






Une photographie de l'exposition internationale du surréalisme Other air, qui a eu lieu à Prague en 2012.

(source: http://surrealistnyc.tumblr.com/)

mercredi 31 juillet 2013

Marie-Dominique Massoni

LE SURRÉALISME ET LE FÉMININ


Si notre approche traite plus évidemment de la femme que de l'homme, c'est qu'il est plus facile, et peut-être hélas plus piégeant de dire le féminin à partir de la femme. Nous nous heurtons à une autre difficulté de la langue : aucun des articles possibles ne nous satisfait. La femme n'existe pas, Elle" est multiple ; Les femmes ne nous vont guère, "elle" est unique, l'indéfini Des permet à peu près de dire n'importe quoi au nom d'une prétendue pensée ou d'un "mouvement de libération des femmes", confisquant la révolte pour le bénéfice d'un petit commerce. L'indéterminé d'une n'est pas celui de "l'une"qui nous irait sans doute le moins mal, parce que nous y entendons d'autres possibles. Et de l'une dont nous parlerons, nous vous demanderons le plus souvent d'entendre aussi la part féminine de l'homme, comme de la lune le plus souvent du genre féminin, mais qui peut-être du masculin, et qui dans les mythologies est tantôt principe féminin, tantôt masculin. Pendant longtemps, quand il s'est agi de femmes, ou du féminin, le discours a été celui du mâle, et de la dérision au culte, marqué par le négatif, "il n'y a pire eau que l'eau qui dort" ; force nous est de constater que le "ventre" est un continent noir, inquiétant.
La materia prima, Isis ou Lilith, les fées mises à mal par l'Inquisition, les sorcières et les lycanthropes, ont cédé le terrain aux topologies des théoriciens de l'inconscient, lesquels ont constaté leur quasi incapacité à saisir l'insaisissable langagier des femmes. Si le premier objet d'amour est la mère, le d'où je viens est porteur d'une angoisse terrible, le sein "objet partiel" est le premier repère extérieur, mais c'est de ce corps qu'on vient. Premier lieu du désir, premier lieu de la formation symbolique, le sein à croquer, ô délices du cannibalisme, (comme les autres lieux du désir en morceaux) sera remplacé par le phallus unificateur . Si le désir de la mère est le phallus, l'enfant va s'identifier à celui-ci. Mais ce que désire la mère c'est l'autre, le père, l'homme, celui qui dans nos sociétés dit la loi, notamment l'interdit de l'inceste. Découvrir le réel, c'est découvrir la jouissance de l'autre comme arrêt de ma toute puissance. C'est l'homme qui apporte la reconnaissance. Que faire, qu'être, pour être à son tour choisie ? Et quand je suis choisie, quand j'aime, j'en appelle à la jouissance, aux jouissances sans cesse multipliées, l'autre le même, l'immatérielle coque bleue qui nous enveloppe comme tiers inclus de l'acte d'amour.
La difficulté à saisir la féminité tant chez les analystes hommes que femmes ne vient- elle pas du fait que le féminin échappe aux données de l'appréhension par le discours tel qu'il est aujourd'hui structuré ? Impossible d'approcher par le concept ce qui n'est pas conceptuel, puisque c'est à la fois, le plein et le vide, l'immobilité et le mouvement . Intérieur de l'extérieur et extérieur de l'intérieur, le féminin est captation et rejet, sécurité et expulsion ; versipèle, "loupiforme" il est comme le lycanthrope tantôt peau d'homme, tantôt peau d'animal ; comme Peau d'âne terrifiée par l'entreprise de séduction paternelle, il file et se défile, il est donc "faux", à l'image de la faux qui égalise. Mort et moisson ont le même outil. Quand le cordon est tranché, l'enfant s'individualise, et le féminin porte à faux. Et l'on en arrive à dire que la femme n'est que si elle est mère, qu'elle ne saurait être une amoureuse, que l'amour est une fumisterie qu'il ne reste que désir et social qui fassent sens. Mais le moment privilégié des loups garous, hors les pleines lunes, était ces quelques nuits entre la fin de l'année lunaire de 354 jours et celle de l'année solaire.
La femme permet l'entrée en chair, l'entrée en connaissance, à partir du rien vers le rien. Est-ce pour cela qu'elle aurait historiquement une "incapacité" à créer ? Elle devrait suggérer ou reproduire. Ce que Lilith refusa. La première Eve du jardin des délices, évacuée du récit biblique, réapparaît dans les contes, revendiquant le désir, le plaisir ; souffle des rêves nocturnes elle aussi croqueuse d'hommes, elle croque ses propres enfants. Lilith, la matière vile, noire, les seins de l'enfer dit-on en Afrique du Nord, ce sont les souffles , la femme version fatale, surgie du néant du rêve pour retourner au néant. Ce rien que les philosophes ou la vulgate nous proposent comme synonyme du néant est en fait une essentielle dimension de l'être . En l'intuition qui permet de pressentir les autres lieux de l'homme, l'espace cesse d'avoir trois dimensions. Les recherches en physique sont de celles qui nous permettent d'appréhender autrement le rien , cette "chose" qu'il a fallu occulter en ne la concevant que dans le négatif "ce n'est rien".
Que peut-on répondre ? Rien, sinon tout le non dit ,cette "chose" incluse dans la réponse même, mais que l'on fait taire. Ce n'est pas rien ; et si la femme est un rien belle, comme on le dit dans certaines campagnes c'est qu'elle est superbe, la garce ! Qu'est ce qui a donc été enseveli des deux principes primordiaux, en quoi la censure a-elle été nécessaire à la construction de nos civilisations, que cherchons-nous, nous qui ne nous contentons pas du monde tel qu'en ses lois de nécessité ? L'androgyne est au coeur de bien des mythes fondateurs, et voilà que les biochimistes nous apprennent que l'embryon humain est d'abord bisexuel. Nous en voilà ravis, mais que faire de notre mémoire archaïque ? Comment libérer nos possibles ? Si l'on pense que le petit d'homme vit son désir en découvrant où se porte le désir de sa mère, le phallus n'est-il pas d'abord désir de la femme ? et sans doute ne pouvons-nous penser le masculin qu'à partir du féminin, a contrario des théologues, décalogues et autres freudologues ;. A dire vrai on sait bien que la Vérité qui exige une "fixation" par le concept ne peut relever du féminin, non que la femme mente mais elle sait qu'elle n'est qu'un moment du faux, ou plutôt que l'espace creux proposé par l'arrondi des cils quand le regard porte son dard. C'est ainsi que la femme pressent ce qui se tapit dans les discours les plus structurés, elle a tôt fait de démasquer l' "érection" en tous ses masques du service divin au divin pouvoir. Elle a toujours plus facilement érotisé en paix, comme on herborise, ne craignant pas d'être trahie par une partie d'elle-même, et pourtant érectile de tous les frissons de sa peau, au creux d'une attente de la seule vérité qu'il lui soit possible de recevoir, celle du phallus en elle oeuvrant, non du symbolique, mais de celui de l'homme qui lui fait l'amour et auquel dans le même temps elle peut aussi faire l'amour, le féminin et le masculin s'interceptant, se relançant, démultiplication du même en tous lieux du corps, en l'espace enveloppant l'amande du couple, l'amant(e) et l'amant(e).
La femme détiendrait le secret des origines et c'est peut-être pour cela et non pour se reproduire qu'aussi, l'homme lui fait l'amour, mais veut-il savoir cela s'il ne prétend qu'à "fermer" par la raison, quand elle s'ouvre au cosmos ? Alors que pourrait-elle lui dire puisqu'il faudrait recourir à un langage qui ne s'ébauche que volatilisé ? Le secret du pont, du passage, si elle le demande à celui qui vers elle a cheminé, ou qu'elle attendait, c'est parce qu'elle sait qu'il ne peut savoir que par elle, s'il sait la recevoir. Levant ses jalousies, elle permet la restitution d'une parole en chacun enfouie, grâce à un phallus où elle se reconstitue, elle, hors imprécations, hors malédictions. De cette inquiétante figure de la maternité où l'on a trop souvent enfermé la femme, et à travers elle le féminin, retenons le lieu, le point où se coupent la ligne de vie et celle de mort, faisant boucle, est-ce pour cela qu'il faudrait la boucler sur l'angoisse majeure de cette spirale mortifère en nous ? Le féminin est la grande faucheuse parce qu'il est inscrit dans la peur de l'être de ne plus pouvoir s'élever du fond du cône, pris dans un magma dont le mouvement ne lui laisse qu'un faible espoir de surgissement. L'enfantement est une autre guerre et c'est bien la femme qui commence de couper le fil, d'opérer la séparation. Ce n'est qu'à partir de cet instant qu'existent les liens du sang.
Parler du féminin dans un colloque sur le surréalisme et le temps me fait sourire, le temps est masculin, c'est la durée qui est féminine, la frontière est un ordre masculin quand l'espace du dedans comme du dehors est féminin. Territoire et terre, âme et vague à l'âme, vague alarme, au plus profond de nous les sons coulés, les sons épaves émettent encore . Triangle pointe en bas, langue qui s'avance, s'étale, et se superpose à elle-même, devenant spirale il donne dans le temps même où il reçoit, ou alors il se refuse, s'échappe quand on croyait le tenir, comme l'ombre. De l'alchimie aux contes de fées et retour, d'Isis à Joyce Mansour et retour au limon du Nil, il s'agit bien pour nous surréalistes de chercher à libérer les puissances que la société récuse parce qu'elles ne sont pas utiles, mais il ne saurait être question d'en appeler à inverser les dominations . Ces forces en nous qui s'affrontent, nous les trouvons magnifiées dans l'érotique amoureuse. Nous ne cessons d'en découdre ; et l'alchimie ne nous proposerait-elle qu' un superbe livre muet, serait déjà "en avant". N'en déplaise à Aragon , la femme n'est pas l'avenir de l'homme.
Nous intéresse la part du féminin en chacun, et nous ne la sentons pas comme une part maudite. Il s'agit d'aider aux surgissements de ce qui en nous a du mal à se faire phrases, d'en enrichir notre part masculine, et à l'inverse ; il ne s'agit pas non plus d'aller vers ce qui nous est aujourd'hui proposé de nivellement des différences sexuelles sous le prétexte d'une libération de la femme, laquelle est maintenant autorisée à être exploitée au même titre que l'homme. Il est évident que cette poésie "faite par tous non par un" ne se peut concevoir que dans une lutte contre ce qui nous aliène : le salariat, le pouvoir auquel nous devrions déléguer tous nos pouvoirs et nos rêves, pour nous retrouver misérabilisés devant le trio qui n'a rien d'infernal, mais qui est celui du paradis des réactionnaires à l'affût de toutes les baisses de vigilance : travail, famille, patrie. Il se peut fort que dans les temps à venir, nous devions encore nous battre contre le retour en force des valeurs de l'extrême droite, mais nous ne saurions mélanger notre exigence quant à l'exaltation des principes masculin et féminin, quant à la poésie force vive de l'insoumission et la nécessité de luttes ailleurs, sur des terrains où nous pouvons avec d'autres nous retrouver au coude à coude, voire au coude à poing. Le féminin, terre noire, au silence habitué, sait aussi les hurlements de la fureur. Lâchons la bonde chaque fois que nous pouvons, et laissons-nous emporter par les torrents d'amour, ne soyons pas les petits épargnants de notre vie.
Il n'y a pire eau que l'eau qui dort... A l'intérieur de nos phrases construites, les mots nous proposent de multiples échappées belles. Fée mine un, fée mit nain, fata, la faute et le destin, pour miner les faits, à l'image de la grenade, fruit à l'écorce dure éclatant à maturité libérant un rouge presque noir, dans la mine où commence la quête de l'or du temps, le féminin fait des mines.

Marie-Dominique Massoni,
samedi 14 décembre 1991. 

mardi 30 juillet 2013

Jacques Abeille



                                                          MAIN-MISE 

Chaque nuit, le même rêve. Une cité lointaine, un dédale de rues, pavées de nuées et bordées 
de murailles lépreuses, passages obscurs, décrochements sans issue, fenêtres barrées de grilles 
et portes closes. Et moi, pâle vapeur écorchée aux salpêtres, fantôme exsangue qui vous cherche 
encore, errant jusqu'à la nausée dans la grisaille muette de ce triste labyrinthe.

Tissé de vaine attente, mon rêve est opiniâtre. Il me traîne contre mon gré jusqu'à l'évidence de 
votre vilenie. En me quittant, vous avez dérobé le secret de mon souffle et la puissance de mon 
nerf. Chaque nuit vers mon ombre vous tendez une main à la douceur avide. Rognures d'ongles, 
brins de cheveux, lambeaux de linge imprégnés cousus ensemble dans un fantoche, on sait 
comment se noue un sort au ventre d'une poupée de terre.

Prenez garde au retour de vos charmes. Déjà s'ébat la blanche colombe de votre ventre. Vous 
m'avez envoûté et vous tombez sous l'emprise de vos songes fiévreux. Petite fille vicieuse,
vos jeux solitaires rendent à mon simulacre sa joie première. Demain, j'en tisserai un chant
d'où surgira l'image de votre nudité déclose.

Je vous ferai pleurer de bonheur sur les braises de votre cœur déployé.
                           
                                    Jacques Abeille, extrait de la Nouvelle Revue Moderne, août 2006.



Josette Exandier


lundi 29 juillet 2013

Patrick Lepetit

RITUEL D'UNE FASCINATION (extrait)



... dure et douce raison de durer,
la passion première en appelle au féal, au mutisme
des années qu'il présumait perdues, de crainte
de se perdre. Se rafraîchir à la source, au jour,
si tout est accompli, le crime des crimes vengé,
une fois le travail repris dans le silence des neiges.
Pour l'heure, maquillé foudres et foutres,
gabier de dérisions, postulés pantomimes,
malmené rudes saisons de clarté, il se déracine,
pressent ténébrescence, l'ambition des abattoirs,
crocs de boucher au frénétique du massacre.
L'âme rassasiée d'horreurs et des mots mêmes du livre,
gavé béances amères, la langue sèche et gonflée,
il reconnait un fumet inexpiable, Desnos agonisant,
écarte l'ivraie, les grains de jais, les couleurs irradiées,
et de l'ocre de la pluie délave le corps trahis du monde.
Loup maigre, voleur d'éclaircies, son filon s'étiole,
les doigts de sang fouillent au plus profond,
les femmes marquent le deuil de leur crâne rasé,
l'hiver en sortilège empoise le pays. Révolté,
le rire fou, il n'y hante plus limbes ni brumes,
insurrection froide à la périphérie du malheur,
juste forclos ces brasiers de longue haleine
et ces camps vides...


                        
                                                                     Patrick Lepetit

samedi 27 juillet 2013

vendredi 26 juillet 2013

Christophe Dauphin

LIRE LE RÉEL ET L'ÉCLAIRER DE NOS RÊVES (extrait)

lire le réel et l’éclairer de nos rêves
parce qu’en face
le mensonge est une assiette en orbite
parce qu’en face
le vide invente sa danse
le monde a été coté en bourse
la poésie est devenue un objet langagier

la déchirure
loge dans le ventre de la nuit
la déchirure
s’opère dans la chair des mots

l’alphabet
est une feuille de verre dans les poings du hasard

l’émotion
est l’expression sensible
intime
authentique
et profonde de l’être
la rue du débarcadère de l’aube dans tes yeux fermés

ce n’est pas la crainte de la folie
qui nous forcera à laisser en berne le drapeau de
l’imagination (1)

l’émotion
n’appréhender le monde
la vie
que par le biais de ses émotions
de ses pulsions
de ses désirs
la liberté totale en poche
le nom de l’autre
comme le mot de passe
de ta main dans la mienne



Christophe Dauphin
…


(1) André Breton, Le Manifeste du surréalisme (1924)

mardi 23 juillet 2013

Virgile Novarina







- En somme, performance à l'Inlassable galerie, 24 janvier 2013, dans le cadre de l'exposition collective L'or aux treize îles.
- Écrits et dessins de nuit

dimanche 21 juillet 2013

Rikki Ducornet, Une clé pour Enkidu


Johannes Bergmark, le Cercueil à cordes





"My friend Petra Mandal had a dream about an instrument that I have now started to make, the stringed coffin: a box in body length contains the musician, and some strings are strung over the lid. Through a little hole, the musician sings and the voice directs the tones of the strings."


(extrait de "Call For The Hidden Sounds", de Johannes Bergmark. Publié en 1994 dans le deuxième numéro de The man in the street)

vendredi 19 juillet 2013

Paul Sanda

DANS LA PAUME ASCENDANTE DE L'ARGILE

elle
la surface femme de la peau conçoit sa vraie toison à l'ultime des eaux
de ce je t'aime ventre elle déroule la reptation des flaques
ou l'hibernation du désir jusqu'à rendre la beauté vermeil
non je n'ai plus d'envie mordre contre l'enracinement de ce nouvel espace où j'ai bien du mal à vouloir un seul mot
à la surface femme de la peau de la
terre
de ce je t'aime ventre à la face des trajectoires qui ne viennent pas

elle
mélangée à l'odeur des mélanges
mêlant l'enfance dont je ronge la chair perdue pourtant si nourricière
puis ponctuée rasée admise rosée au désordre apparent des tranchées rouges transparentes des artères elle
se greffe à cette dérive le long du spasme des jours sanglants qui font que
je ne sais plus comme je marche
comme je suis contre la grève d'être dans le transport au bout de ma seule langue
comme je blesse les vulves du cœur (quand le marais exulte) à la recherche des valves des cadavres des alvéoles d'une éclaircie ce cadavre que je veux si fort
je pense voici ce je t'aime ventre qui use le ventre autant qu'il apparaît dans la treille de l'obstacle
voici ce je t'aime ventre qui crie sur les inclinaisons des baraques dévolues à l'estran
sur les lèvres déviées des barques fourbies dans le fendillement de la lune
voici ce je t'aime ventre à pleurer dans le froid surpris des arènes et voici le ventre
je ne peux dire qu'il est surpris comme il apparaît tout à coup flottant en dévers des imprécations de mon sexe
contre le duvet de la rive d'homme

elle
la surface femme de la peau s'écarte pour manger la lumière
encore j'ai pensé que les êtres s'habillaient aussi de flammes en équilibre
j'ai pensé que les cachettes évidées en frise brumeuse des deux mains et pourtant d'une clarté presque limpide n'existaient que dans les histoires de nains et de géants
j'ai marché jusqu'au devant des arrachements de chairs de paupières de tout ce que la femme la fille et le corps dégagent vraiment en avant de la mort que des cratères d'argile
que des cartilages d'angle
elle
pourrissante en bout de corde comme un ongle une épingle dans la rainure glissante du bois
j'ai accroché ce je t'aime ventre dans la nacre des déchirures maternelles des plis usurpés des empreintes végétales de l'odeur de putréfaction
décroché excorié la demi-dévoration de son arc pulsé
de sperme
de la demi-dévoration de son enfer infini dans les méandres de l'athanor
du sperme quand il tangue à la commissure des replis des femmes des filles et des corps en plein travail de décomposition de fureur jusqu'à l'écarquillement
j'ai voulu l'extase de la demi-ingestion pour la première femme-poisson qui vivait là repue du foisonnement des écailles
j'ai voulu de cette mélusine couvertes d'algues gantées femme-poison aux creux des nages de proue de l'incandescence
de l'écume
ce je t'aime ventre au sexe du fil de sang du fil de glaire du fils et des filles cancer
du fil de liquide de la meurtrissure
j'ai parlé de la demi-ingestion d'une coquille humide les lents engourdissements de toutes les femelles colorées dans les globes de la boue

elle
la surface femme de la peau à la cuisse comme une table de veille
la voilà fragile
métisse hurlante hurlée ourlée
roulée dénudée d'épaules à son corps brillant comme l'espace compact de l'écartement des os de la femme primitive qui a tout lié
noire aussi est elle plus formidable dans la mort
noire aussi est elle plus formidable dans la mort choisie
j'ai voulu jusqu'au coffre secret ce je t'aime ventre du sein qui s'anime
j'ai voulu me gorger de l'aréole vraie portée vers l'infini
de tout ce qui fait saillir les images à la rondeur d'une circonstance foetale de ce sein pendu suspendu flasque jusqu'au firmament de l'argile

elle
la surface femme de la peau ouvre des brasiers au visage du néant
j'ai voulu ce je t'aime ventre à la trace déjectoire c'est à dire au visage du néant encore
parce que je range la veine tordue des hystéries de la sorcière
ponctuée rasée admise rosée définitivement morcelée
rouge comme je marche contre sa grève dans le transport au bout de chaque lagune quand le marais exhume son cadavre de bulles de bourdonnements ce cadavre que je veux si fort

elle
la surface femme de la peau conçoit sa splendeur au bord des îles des voltiges
de ce je t'aime ventre elle décide l'envol des sanglots et des passions
ou la nudité du désir décidée à se consteller de l'intérieur
non je n'ai plus d'envie de mourir contre la courbe de toutes les splendeurs à la surface femme de la peau de la fermeture de la paroi
mère
de ce je t'aime ventre à la face des trajectoires

qui ne viennent pas


Paul Sanda

jeudi 18 juillet 2013

Cassandra Stark Mele






A BUFFOON'S ATTEMPT
The sky is a buffoon's attempt to conceal chance. All is barefooted, one girl ponders the woods. Which way shall she roam? Who knows, Chi sa? Anyway, my left hand catches moths. Circles. The blue words fell from the sky and nestled upon my breast. I told them stories until they slept peacefully. Meanwhile, the barren wilderness became a sieve, I fell out. The bottom went dry, crackling. A small stone, a smooth relic is now imbedded inside my mind. I walked the weeded path calling out silly names like "Balaco." No wonder the birds are crying. No wonder stars hurt in whispers and the four winds taught us to dance. So many nights gathered into one embryo. He grows up to paint his shack red, the door blood red with a blue doorknob.
 Casandra Stark Mele, In Case of a Storm, 1995.

*

Extrait de Surrealist Subversion, un recueil de textes du groupe surréaliste de Chicago :

"And New Yorker Cassandra Stark Mele provides a striking account of her personal struggle against parental and social oppression in "Your World, Not Mine." This essay shows the tragic consequences of adult repression of yearnings for the Marvelous in children, as well as how this trauma can be overcome. A child's response to life reveals deep truths about imposed social behavior, which can't be ignored."


(La photographie est tirée du film X is Y, de Richard Kern, dans lequel joue la poétesse et cinéaste.)

mercredi 17 juillet 2013

Songs of the new erotics, Tiny gifts




Tiny gifts, performance du groupe Songs of the New Erotics, au Gladstone Hotel de Toronto, le 3 novembre 2001.

 http://www.recordism.com/SOTNE/Gifts.html 

mardi 16 juillet 2013

Myriam Bat-Yosef, Piano peint (1974)



« Observer M. Bat-Yosef évoluer dans son atelier parisien parmi ses œuvres, me montrer telle toile, tel objet, le tout ponctué par de brèves et précises explications dévoilent la richesse et la beauté d’une vie exclusivement vouée à la création. Au cœur de cette aventure artistique, résonne l’écho feutré d’une musique intérieure rythmant une quête incessante, tendue vers la recherche d’une vérité essentielle qui donne sens à sa vie. Ce n’est pas tant de l’œil de chair mais de l’œil de nuit cherchant les fils d’or de la réalisation totale de l’homme dont il s’agit. Pour M. Bat-Yosef l’art de vivre consiste à trouver l’équilibre entre les forces contraires. Cet art de vivre qui rejoint le point sublime, lieu de résolution des antinomies, Myriam l’a personnifié en sa totalité. Une cohérence remarquable et sensible tisse la trame de son cheminement artistique.

Je me trouvais face à l’œuvre de toute une vie ; une œuvre demeurée trop longtemps dans l’ombre bien que saluée par Anaïs Nin, Nancy Huston, André Pieyre de Mandiargues, José Pierre, René de Solier, Jacques Lacarrière, Alain Bosquet, Alain Jouffroy, Pierre Restany, Sarane Alexandirian et André Breton qui, après une visite à son atelier, confiera avoir été intrigué par sa dimension fantasmagorique.

Si l’obscurité est une composante de la lumière, il arrive un temps où la clarté intérieure doit épouser les courbes du jour afin de donner à voir. Et c’est précisément ce que M. Bat-Yosef fait, elle donne à voir, un monde issu de l’athanor de ses perceptions. Un univers de symboles, de couleurs, de formes ouvre le regard sur de nouveaux paysages mentaux où fusionnent érotisme et fantastique.

Comme le souligne René de Sollier : « On devra s’interroger, il est temps, sur le rôle des femmes dans le surréalisme et la peinture, le fantastique contemporain, et songer à une histoire vraie, qui groupe : Valentine Hugo, Léonore Fini, Dorothea Tanning, Léonora Carrington, Unica Zürn, Jane Graverol, Toyen, Bona, Manina, M. Bat-Yosef. (…) On est impressionné par ce non-conformisme et les dissidences, une fierté inventive, menée à bien. Un musée inquiétant en résulte, plus riche que l’imagination ». C’est à ce dessein que ce livre existe, quand bien même M. Bat-Yosef. ne prit jamais part aux activités du groupe surréaliste ; elle épousa du surréalisme sa dynamique, son insoumission et son utopie sans pour autant adhérer à tous ses principes.

Et il y eut cette injonction, ces paroles Sésame aptes à ouvrir les cœurs à hauteur des orages, qu’elle prononça : « Je veux surpasser le dieu de la Bible qui a fait l’homme à son image et métamorphoser l’homme à l’image de mon art ! » Ainsi, dans la lignée « des voleurs de feu », la flamme prométhéenne venait de tracer une voie, unique, celle de la « révélation ».

(texte de Fabrice Pascaud)

samedi 13 juillet 2013

Pierre Peuchmaurd

RUE ROSE

L'or repousse
Et les longues lunes molles sous la mer
Toutes ces roses sur tes reins dans la rue où je n'ose
Ta rue rose
Tous ces mots ces noms
Toutes ces poses
Qui me feront penser à toi
Même quand tu seras morte
Et même quand ta robe noire au sommet du réveil
Quand tes seins pensent à moi
Qui les ai oubliés
Qui les ai oubliés puisque j'en parle
Oui je veux que tu meures
Et tordre avant tes membres
Dans le bleu d'un seul ciel
Il n'y a pas assez d'épines à nos chairs
De ronces dans tes yeux
Est-ce que tu caresses encore mes cheveux
Sous la terre
Qu'est-ce que tu fais du vin maintenant
Est-ce que la terre a bu ton sexe
Morte
Toutes ces roses
Est-ce que tu as mordu ta fille
Est-ce que tu te branles
Morte
Je t'aime pire
Et toi
Tu commences à m'aimer
Tu caresses mes cheveux dans le sens de ta peur


(Pierre Peuchmaurd, Parfaits dommages et autres achèvements.  2007. Photographie de Pierre Peuchmaurd. source: http://isabelledalbe.blogspot.ca/2011/07/pierre-peuchmaurd-par-laurent.html)



dimanche 30 juin 2013

Virginia Tentindo






« J’ai fait la connaissance de Virginia Tentindo en 1997, en rejoignant le comité de rédaction de la revue Supérieur Inconnu, dont elle était membre. Je me souviens, lors de ma première visite dans son atelier, en compagnie de Sarane Alexandrian, avoir été saisi par la beauté convulsive de cet art, en prise directe sur Merveilleux. Virginia nous a toujours accueillis avec une générosité rare et une hospitalité toute argentine, telle une « prêtresse de la Terre-de-Feu » au sein de son sanctuaire onirique, constitué de terres cuites, de bronzes, de marbres, de sa faune et de sa flore, le tout, sorti d’un imaginaire des plus fertiles. Cet atelier, l’écrivain surréaliste José Pierre l’évoqua en 1986, comme « la fabrique des dieux ». Les sculptures de Virginia Tentindo, à la fois sensuelles et terribles, associent des têtes de félidés avec des corps d’hommes et de femmes, aux jambes qui se fondent en une seule, longue et flexible comme un serpent. Ces humanimaux, tels que les appelle Sarane Alexandrian, ont l’air de plantes carnivores. Il ne s’agit pas d’hybrides tels qu’en fabriquent des artistes enclins à des effets insolites faciles, car l’originalité de Virginia est justement de ne pas faire d’assemblages arbitraires. Julio Cortázar a ainsi pu écrire (in Voyage vers un temps pluriel) que chez Virginia Tentindo, « tout est ou peut être mandragore, Gorgone, hermaphrodite, rite phallique, hiérogamie et pourquoi pas épiphanie ». Car rien n’est donné sur un seul plan et la multiplicité des essences est, pour plusieurs de ses sculptures, comme une invite à s’approcher et à toucher ; alors on découvre que ces pièces ne commençaient ni ne finissaient à leur contour visuel mais que le toucher est là pour ouvrir une seconde porte basse. L’art de Tentindo n’est jamais apparence mais toujours intériorité. On dirait, écrit encore Cortázar, « que la nature s’interroge alors sur sa persistante monotonie et cherche à travers l’art quelque chose de plus que l’imitation que lui impartit Oscar Wilde, une rénovation capable de nous arracher à la routine génétique. Là, tout est substitution, parachèvement et ouverture vers de nouvelles constellations de formes. »

Virginia Tentindo est née à Buenos Aires en 1931. Ses grands-parents sont des émigrés italiens  qui s’étaient installés, comme tant d’autres en Argentine, non pas par goût de l’exotisme, mais pour des raisons multiples, dont l’exode d’une partie de la population du royaume des Deux-Siciles, Adolescente, elle fréquente les quartiers populaires de Buenos-Aires. Depuis son enfance, elle accompagne sa mère et son père dans les bals de nuit. La musique et la danse (surtout) joueront un rôle important dans sa vie comme dans son travail, qu’elle définira comme « une pratique du corps dans l’espace ».

Le père de Virginia est violoniste dans un orchestre de tango. Virginia Tentindo accomplit sa formation aux écoles Manuel Belgrano, Prylidiano Pueyrredon et Ernesto de la Cracova, avant de réussir le concours d’entrée et de suivre avec succès les cours de l’Ecole Supérieure des Beaux-Arts. A sa sortie des Beaux-Arts, Virginia Tentindo loue dans le centre de Buenos Aires, avec une amie de dix ans son aînée, un entresol qui a l’avantage de posséder un four et deux vitrines donnant sur la rue, pour exposer ses sculptures. C’est ainsi qu’à l’âge de dix-huit ans, soit deux ans après avoir exposé en 1947 ses œuvres pour la première fois dans la Galerie Peuser, elle put ouvrir sa propre galerie, baptisée du doux nom de Vahiné. Pour rentabiliser l’affaire, outre l’exposition de ses œuvres et de celles de ces collègues de l’Ecole Supérieure des Beaux-Arts, la jeune artiste donne des cours de modelage. Virginia ressent le besoin de s’assumer dans l’exil, que le tango chante et danse. Avant de quitter son pays, elle présente ses sculptures et ses gouaches dans la Galerie Krayd en 1952 dans une exposition argentine intitulée « Huit Jeunes Artistes Surréalistes ».

En 1953, elle quitte Buenos Aires  avec ses amis Osky (le plus grand dessinateur de B.D. des années 50) et sa femme Ruth Varansky. Virginia Tentindo rejoint Naples en passant par Gênes, où se trouve une partie de sa famille. Durant son séjour à Naples, elle approfondie ses connaissances de la céramique et apprend la technique des émaux à Vietri sul Mare. Néanmoins, son désir est de venir s’installer en France. En septembre 1953, Virginia Tentindo arrive à Paris. L’émigrée argentine y est mal accueillie. Le combat commence et tout d’abord pour subsister : elle modèle des objets en terre cuite et travaille au noir dans des conditions difficiles, avant de regagner le soir une chambre sans électricité ni confort. Ce combat, elle le mènera seule durant dix ans. Puis, en marge de divers travaux, comme celui de décorer des boîtes à bonbons pour la maison Fouquet, Virginia Tentindo devient la secrétaire (assistante documentaliste) du poète surréaliste Philippe Soupault, pour qui il fait notamment des recherches dans les bibliothèques. Virginia Tentindo retrouve à Paris son amour de jeunesse : le peintre surréaliste gréco-argentin Juan Andralis (1927-1994). Deux ans plus tard, en 1955, elle retrouve également le peintre et sculpteur argentin Julio Silva, qu’elle épousera en 1959 et avec lequel elle aura deux enfants : Olivier et Stella.

En 1960, Virginia élargit le spectre de son art, en devenant créatrice de personnages en petit format (30 cm), grâce au cinéaste Abel Gance, qui pour son film Austerlitz, lui commande cinquante sculptures de figurines, d’après Le Sacre de Napoléon (1805-1807) du peintre Jacques-Louis David. Neuf plus tard, en 1969, elle réalisera les poupées du remarquable film de Nelly Kaplan, La Fiancée du pirate. Le couple Silva-Tentindo installe un atelier dans la maison familiale et travaille de concert à des œuvres graphiques, des travaux publicitaires et des illustrations diverses. Mais bientôt, après plusieurs périodes de turbulences, le couple se sépare définitivement. Virginia reprend son indépendance et doit assumer seule sa subsistance et celle de ses deux enfants. C’est ainsi qu’elle entame une carrière de graphiste et de maquettiste pour différents éditeurs dont le magazine Science & Vie.

En 1974, Virginia Tentindo s’installe à Pietrasanta, en Toscane, où elle apprend à travailler le marbre, à Torano près des célèbres carrières de Carrare. Dans les fonderies  de Pietrasanta, puis de Bologne, elle commence à réaliser ses bronzes. En 1979, Virginia Tentindo installe son atelier au célèbre Bateau-Lavoir, à Montmartre dans le 18e arrondissement de Paris. Ce dans ce lieu que va travailler Virginia, tout comme l’un de ses amis, le peintre surréaliste hongrois Endre Rozsda. Dès lors, son  œuvre, saluée et admirée par des personnalités aussi exigeantes que Nelly Kaplan, Julio Cortázar, Dolfi Trost, Théodore Brauner, José Pierre, Pierre Alechinsky ou Sarane Alexandrian, sera présentée dans de nombreuses expositions internationales, collectives et personnelles (130 expositions à 2013).

En 2011, l’Université de Florence et l’Accademia delle arti del disegno, avec le concours de l’Institut Français de Florence et du Centre de recherche sur le surréalisme, lui ont consacré un colloque, sous le titre de : « Les Chimères surréalistes de Virginia Tentindo », en même temps qu’une rétrospective, « Virginia Tentindo, Sculptures, Dessins », à l’Accademia delle arti del disegno. A cette occasion, fut projeté le film de Fabrice Maze et Jean-François Rabain Minimes Innocences consacré à Virginia Tentindo, soit à l’inventrice d’un monde dominé par le mythe, la poésie et l’érotisme ; un monde onirique qui  ne cesse d’explorer davantage, toujours davantage, tant la matière que les arcanes de l’être, tout en prolongeant le surréalisme, dont elle est en sculpture l’une des représentantes, comme l’a écrit Françoise Py et avant elle, José Pierre (in L’univers surréaliste, Somogy, 1983).

El fuego ! C’est cela Virginia Tentindo, le tango du Feu de la vie et de la passion ; le Feu du désir et de la poésie ; le Feu de la métamorphose et celui de l’alchimiste qui, de son Athanor, ressort de l’or émotionnel en terre-cuite : un Chat d’octobre ou une Lionne des jours Terre-Lune. Virginia aux mains de flamme sculpte le feu sous la cendre. »

Christophe Dauphin
(Revue Les Hommes sans Epaules).

http://www.leshommessansepaules.com/auteur-Virginia_TENTINDO-540-1-1-0-1.html